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Le blog de Toni

Question I entretien

15 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Candide

-Qu'est-ce qui a permis la publication de Candide (les œuvres des Lumières) dans l'histoire?

-Quelle est la forme pour critiquer qui te semble la plus efficace: le conte philosophique Candide de Voltaire ou l'essai sur l'esclavagisme de Montesquieu in De l'esprit des lois

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Question I entretien

15 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Corpus de textes

Quelle est l'évolution de l'amour et de la vision de l'homme et du monde à travers la rencontre amoureuse?

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Aurélien d'Aragon

11 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Corpus de textes

INTRODUCTION:

Louis Aragon, né en 1897 à Paris et mort en 1984, est un poète et romancier français. Il est, en 1924, l’un des créateurs du mouvement surréaliste avec André Breton. Aragon fût profondément marqué par les deux guerres mondiales qu’il vécut et on perçoit dans ses écrits, comme pour la plupart des écrivains de l'époque, l’influence de cet événement.

Aurélien, publié en 1944, raconte l’histoire d’un jeune bourgeois, Aurélien Leurtillois, qui est amoureux de Bérénice. L'extrait qu'on va commenter correspond à l'incipit du roman lors de la remémoration de la première rencontre entre Bérénice et Aurélien .

PROBLÉMATIQUE: En quoi cet incipit romp avec la tradition et le topos?

I/Le refus de l'incipit traditionnel

A/Un incipit différent

-L'incipit a normalement pour but d'apporter l'information nécessaire au lecteur sur le cadre spatio-temporel où va se dérouler l'action, les personnages qui y vont intervenir et il annonce l'intrigue du roman et le style de l'oeuvre.

- Cet incipit est différent car il ne précise pas le cadre spatio-temporel, où? dans Césarée, mais elle est une ville en ruines. "Quand? on a que des repères sur le temps isolés:"guerre des tranchées, et plus tard démobilisé". On peut qu'imaginer qu'il se trouve après la première guerre mondiale.

-Les personnages ne sont pas décrits à travers un portrait explicite, on a oui une description de Bérénice mais pas d'Aurélien, et la description de Bérénice est menée par Aurélien.

B/ La description de Bérénice, toute particulière

1) Description portée par Aurélien.

- Lexique du regard: "il la trouva", "Elle lui déplut", "qu'il avait vue", "Il l'avait mal regardée"

- On a une description subjective de Bérénice qui n'est pas très sympatique.

2) Péjorative

- Une véritable argumentation sur la laideur de Bérénice: la thèse "il la trouva franchement laide''

-Arguments: "il n'aima pas comment elle était habillée", "Cela lui fait mal augurer de celle-ci qui portait un nom de princesse d'orient sans avoir l'air de se considérer dans l'obligation d'avoir du goût.", "Les cheveux coupés" et ternes, "petite,pâle"

-Utilisation d'exemples: "Qu'elle se fût appelée Jeanne ou Marie"

- Le lecteur a une image de Bérénice pratiquemment trouble: des phrases de doute: "impression vague, générale", "Plutôt petite, pâle", "Aurélien n'aurait pas pû dire si elle était blonde ou brune".

3) Description du caractère d'Aurélien.

-La description d'Aurélien est en réalité implicite et ne présente que son caractère: il est dominé par les apparences: "Il n'aima pas comment elle était habillée", "Il avait des idées sur les étoffes". C'est son nom et non son aspect physique qui l'attire: "Bérénice. Drôle de superstition."

- Il a eu du contact avec d'autres femmes: "Une étoffe qu'il avait vue sur plusieurs femmes"

- Superstitieux: "Cela lui fit mal augurer", "Drôle de superstition".

C/ Un style annoncé, l'incipit à doutes.

- Finalement, cet incipit crée une atmosphère de doutes et de raisonnements non finis qui suggèrent la suite= c'est un incipit matricielle.

-narrateur/Aurélien... qui est qui? On confond par ailleurs le narrateur avec Aurélien: "Il l'avait mal regardée(...) Plutôt petite, pâle, je crois..." 

-Le narrateur laisse de côté la narration est entrepend un monologue "Césarée, c'est du côté d'Antioche, de Beyrouth". Le lecteur doit se sentir tout à fait perplexe, en tout cas ce n'est pas l'habituel.

-Ces grincements créent un décalage significtive qui suscite la relecture du texte.

-De plus, les thèmes qui sont traités s'intercalent sans une cohérence apparente: d'abord il s'agit de la rencontre entre Bérénice et Aurélien puis un vers de Racine "que ça lui remettait dans la tête" suivi d'une tirade qui explique le vers. Finalement, une hypothèse de l'image de Césarée , Aurélien est en plus transporté dans cette ville, in media res.

-Cet incipit, plus qu'éclaircir la situation initiale, invite à l'imagination et la rêverie.

II/ Une anti-rencontre amoureuse

A/ Une non rencontre

-Le regard: premier contact qui est l'origine de l'amour

- Aurélien "l'avait mal regardée": l'amour na donc pas eu lieu, c'est même l'effet contraire qui a eu lieu: le mépris est très palpable.

-Ironie: "les cheveux coupés: ça demande des soins constants"

-"Irritation", "l'irritait": des impressions péjoratives.

B/ L'évolution de l'amour, la beauté du désagréable.

- Des nombreux indices suggèrent l'amour entre Aurélien et Bérénice: "La première fois qu'Aurélien vit Bérénice"= il y a donc une deuxième fois où Aurélien voit Bérénice, "..., il la trouva franchement laide"= le deuxième regard permet supposer qu'il créera des impressions différentes voire contraires, c'est-à-dire l'amour.

-De même, "ses cheveux étaient ternes ce jour-là" le complément circonstanciel de temps ne nie pas le fait que d'autres jours elle aie les cheveux reluisants.

- "Il l'avait mal regardée": confirme finalement le fait que leur première rencontre fût une situation d'exception. 

(-Aussi le simple fait d'avoir dédier tout un paragraphe à leur rencontre, si il ni aurait rien après ceci, ce paragraphe n'aurait aucun intérêt)

C/Un vers avec des caractères de Bérénice

- Il y a une subtile coïncidence entre les impressions qu'a Aurélien vers le vers de Racine et vers Bérénice.

  =>les deux lui suscitent du mépris: "En général, les vers, lui..."= implicite mordant

  =>"Un vers qu'il ne trouvait même pas un beau vers, ou enfin dont la beauté lui semblait douteuse, inexplicable", douteux, inexplicable pour le vers ="Il se demanda même pourquoi" pour Bérénice =deux côtés inexplicables.

  => "Césarée...un beau nom pour une ville"= "un nom de princesse d'Orient","Bérénice. Drôle de superstition". Les deux noms ont une consonnance belle pour le narrateur/Aurélien. Le narrateur le précise: "Un beau nom en tout cas".

- De plus, c'est Antiochus qui prononce ce vers dans la pièce Bérénice de Racine, le rival de Titus pour l'amour de Bérénice. Aurélien peut donc être confondu avec Antiochus.

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L'éducation sentimentale de Gustave Flaubert

11 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Corpus de textes

INTRODUCTION: Gustave Flaubert fût un écrivain français né en 1821 et mort en 1880. Il est un prosateur de premier plan de la deuxième moitié du 19ème siècle et a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques et par la force de son style dans de grands romans comme Mme Bovary ( publié en 1857) et L'éducation sentimentale (en 1869).

L'éducation sentimentale est l'histoire d'un jeune homme, Frédéric Moreau, qui tombe éperdument amoureux de Mme Arnoux, femme d'un homme influent de Paris. L'extrait que nous allons commenter correspond à la scène de première rencontre entre Frédéric et Mme Arnoux.

PROBLÉMATIQUE: En quoi Flaubert renouvel-t-il le stéréotype de la rencontre amoureuse?

I/ Mise en scène du regard

A/ Le regard de Frédéric

- La vue est présente dans toute la scène: champ lexical du regard "apparition", " distingua", "éblouissement". Tout est visuelle, tout est silencieux.

-Le regard est doué de mouvement: il parcourt la figure de Mme Arnoux, avec un mouvement descendant passant par sa taille et focalisant finalement ses mains.

-Le regard de Frédéric permet également de sentir son embarras, "il affectait d'observer une chaloupe sur la rivière", "et, quand il se fut mis plus loin, du même còté, il la regarda".

B/ Le portrait de Mme Arnoux

- Le portrait que mène Frédéric est très laudatif et idéalisé: "cette splendeur", "la séduction de sa taille", "cette finesse".

- Et va même jusqu'à la sacralisation: "apparition", "éblouissement", "lumière". Elle est éthérée, intouchable.

-Le portrait révèle des nombreux contrastes de lumière qui en font une image exotique: "des rubans roses qui palpitaient au vent" rose/bleu, "ses bandeaux noirs", "sa peau brune", "un long châle à bandes violettes sur le bordage de cuivre" violet/jaune doré.

C/ Le jeu de l'observateur et du observé

1. L’utilisation des pronoms:

-L’alternance des pronoms de la troisième personne " il ", " elle ", met en valeur les positions réciproques des deux personnages: madame Arnoux centre du regard, Frédéric Moreau, voyeur : " En même temps qu’il passait, elle leva la tête [...] et quand il se fut mis plus loin, du même côté, il la regarda. " 

2. Un jeu de comportement. Alors que Mme Arnoux " gard[e] la même attitude" et reste immobile, telle une statue, effectuant un ouvrage " mécanique ", " elle était en train de broder quelque chose ", Frédéric ne cesse de s’agiter autour d’elle  : " il fit plusieurs tours de droite et de gauche ", " il se planta " attiré par son éclat. Vocabulaire de la fausseté mêlé à ce lui de la stratégie militaire (" pour dissimuler sa manœuvre "), " il affectait d’observer ". Cette attitude qui repose sur le principe du voir sans être vu a pour but de  percer le mystère de l’inconnue. 

II/ L'interiorisation du regard

A/De la vision à l'imaginaire

- Le champ lexical de la vision glisse vers l'imaginaire:  verbes de regard à verbes de pensée.

- La vision ouvre sur le "désir de la possesion physique" qui entraîne "une curiosité douloureuse" = la définition de passion amoureuse contient  aussi une partie de souffrance, la curiosité douloureuse s'associe donc à un amour passioné.

- Passages Discours Indirect Libre montre l'évolution vers l'imaginaire: "Elle avait dû, bien des fois, au milieu de la mer, durant les soirs humides, en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans!"= Le rythme s'accélère "en envelopper sa taille, s'en couvrir les pieds, dormir dedans"= 8 syllabes/5 syllabes/4 syllabes. La curiosité douloureuse est exposée ici.

B/Identité mystérieuse

- "Ce fut comme une apparition"= ouvre déjà  sur l'aspect mystérieux de cette femme

- "Jamais il ne... ni...": les négations montrent une femme unique.

-La séduction de Mme Arnoux repose sur son aspect mystérieux. Frédéric ne connaît pas son nom, il ne peut donc saisir son identité, son essence (" Quels étaient son nom, sa demeure, sa vie, son passé. "). A partir du moment où un élément est révélé, le sentiment de " possession " se manifeste (cf. " acquisition "). La séduction qu’exerce involontairement Mme Arnoux sur Frédéric est avant tout celle de son imaginaire.  

III/ La rencontre

- La rencontre entre Mme Arnoux et Frédéric reprend le stéréotype du chevalier servant:

=>L'intermédiaire pour que "Leurs yeux se rencontrèrent" est le "châle" qui lui tombe à Mme Arnoux.

=>Le registre utilisé est lyrique, poètique et romantique

-Le dialogue n'est pas complet, Mme Arnoux remercie Frédéric mais la réponse à ce remerciement correspond à un cri de son mari.

-Frédéric n'a pas le plaisir de repondre.

-Le lyrisme heurte contre le prosaïsme de son mari: qui est palpable, réel. 

 

CONCLUSION:

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Manon Lescaut de L'abbé Prévost

10 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Corpus de textes

Introduction: 

L’abbé Prévost est un romancier et ecclésiastique français du 18 ème siècle, adhérant au courant de pensée libertin de l’époque. Manon Lescaut est le septième tome des Mémoires d’un homme de qualité qui est un roman-mémoire écrit par l’abbé Prévost en 1731. Montesquieu : « Je ne suis pas étonné que ce roman, dont le héros est un fripon et l’héroïne une catin  plaise parce que toutes les mauvaises actions du héros ont pour motif l’amour, qui est toujours un motif noble, quoique la conduite soit basse. »

 L’œuvre raconte l’histoire de la vie de Renoncour, qui est le narrateur, et laisse parfois la parole aux personnages qu’il rencontre. C’est le cas de Des Grieux qui raconte comment il rencontra Manon Lescaut et ce qui lui advint après cet événement. L’extrait qu’on va commenter est la première rencontre entre Manon Lescaut et Des Grieux.

Problématique:

I/ Le coup de foudre

A/ Le portrait allusif de Manon:

-Portrait non détaillé par rapport au portrait de la femme qui fait Flaubert: "charmante", "fille", "moins âgée", "plus experimentée".

- Intensif "si charmante", charme = enchantement, ensorcèlement amoureux. Charmante est trois fois dans le texte. Manon ensorcèle Des Grieux.

- La rencontre se fait d'abord par la vue: "Elle me parut si charmante que moi", l'attraction est premièrement physique:

-Puis la vue laisse la place à la parole: "elle reçut mes politesses", "Elle me répondit ingénument", on a une approche  entre les deux caractères. La rencontre est donc complète: l'esprit et le physique sont dévoilés entre les deux personnages, même si quelque personnage nous offre une vision erronée.

B/La rencontre:

-Coup de foudre = locution adverbiale: "tout d'un coup" et emploi du passé simple "je me trouvai enflammé tout d'un coup jusqu'au transport".

-Effet d'isolement de la jeune fille: "mais il en resta une"= connecteur logique d'opposition, Manon unique par opposition aux autres femmes.

-De même pour Tiberge qui disparaît.

-L'amour qui naît brusquement lui donne de la force et du courage, il prend tout à coup des initiatives surprenantes, impensables.

 Le personnage est comme hypnotisé, attiré par Manon (charmé). On note une succession de verbes d'action et de parole: "je m'avançai", "elle reçut mes politesses", "je lui demandai", "je lui parlai". À la vue de Manon, le personnage devient un autre homme. De plus, l'utilisation du passé simple insiste sur la rapidité et l'enchaînement des actions (personnage énergique, audacieux, hardi).

- Les sentiments de Des Grieux sont à la suite exprimés paradoxalement, "L'amour me rendait déjà si éclairé"=métaphore qui est symbole de connaissance. L'amour me devenait savant de l'âge adulte. "que je regardai ce dessein comme un coup mortel pour mes désirs".

 

II/ Le travail du souvenir

A/ Une apologie personnelle

-L'homme au début commente son expérience dans le sens du remord. "Hélas!" il juge son expérience passée.

- Le récit est fait après la mort de Manon de la sorte, ce recul dans le temps permet au narrateur un regard lucide et critique sur cette première rencontre.

-On a les réflexions ultérieures que Des Grieux fait sur elle.
On a 2 visions superposées : 
· Celle de la rencontre 
· Celle du récit de la rencontre 
Au moment où Des Grieux raconte, il ne pense plus de Manon ce qu’il pensait d’elle avant. 

-"Hélas! que ne le marquais-je un jour plus tôt!" exprime le regret et laisse présager une fin malheureuse.

-Des connecteurs logiques présents dans le texte signalent que le narrateur interprète ses réactions et leurs trouvent des explications à posteriori: "depuis un moment", "dans la suite".

-La mise à distance se traduit également par des remarques que l'on peut considérer comme ironiques. Le narrateur souligne son inexpérience de l'époque pour expliquer ce qu'il s'est passé. Ex : il met en relief ses traits de caractères: "Nous n'avions pas d'autre motif que la curiosité". Ainsi il se moque un peu de lui car il a prit conscience de son ridicule: "j'avais  le défaut d'être excessivement timide"

B/ L'annonce d'une passion fatale

-En revanche il présente déjà Manon comme une femme d'expérience malgré son jeune âge et fait même allusion à son "penchant aux plaisirs".

- A posteriori il trouve que cette fille s'est laissée aborder un peu trop facilement et confiée trop rapidement.

-De même l'antithèse entre l'expérience de Manon et l'inexpérience de Des Grieux nous permet de dire que l'adverbe à la ligne 16: "ingénument" est employé avec ironie.

 -Du coup, on peut déterminer le caractère de Manon:

 =>Personnage double:

· La victime 

-Elle veut se faire passer pour une innocente fragile, ayant des parents impitoyables: "elle y était envoyée par ses parents pour être religieuse". Elle veut lui faire de la pitié car ce sont ces parents qui l’envoient au couvent. 

· La réalité du caractère de Manon:

-Elle nous montre que malgré son jeune âge, elle a de l’expérience amoureuse se manifestant à travers l’aisance qu’elle fait à travers ce passage: "sans paraître embarrassée". Elle sait le parti qu’elle va tirer de lui. 

-Elle obtient quelqu’un qui peut lui éviter le couvent! En effet, elle arrive à causer "tous ses malheurs et les miens" (ceux de Des Grieux). On peut imaginer ce qui suivra après cette rencontre.

CONCLUSION:

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Mme Bovary de Flaubert La mort d'Emma

10 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Mme Bovary

Introduction:

Gustave Flaubert fût un écrivain français né en 1821 et mort en 1880. Il est un prosateur de premier plan de la deuxième moitié du XIX ème siècle et a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques et par la force de son style dans de grands romans comme Mme Bovary (1857) et L’Education sentimentale en 1869.

Mme Bovary est l’histoire  d’une jeune femme, Emma, qui, à cause de son esprit romantique, doit vivre la réalité en se réfugiant dans des lectures et des amants. L’extrait qu’on va commenter …

Problématique: Quelle représentation de la mort d'Emma Flaubert donne-t-il?

I/ Spectacle de l'agonie

A/ Différents points de vue

- L'agonie d'Emma est présentée sous trois regards: celui d'Emma, Charles et le narrateur.

- Emma offre une vision interne de l'agonie, Charles une vision externe et le narrateur une vision globale. Cet éventail de points de vue permettra une description minutieuse de l'agonie d'Emma. Le réalisme consiste souvent en une multiplication des points de vue.

-"j'étouffe!", "Enlève-le! dit-elle vivement; jette-le!", des phrases courtes et vives à travers des nombreuses exclamations caractérisent le discours d'Emma. Elle apporte une approche réelle de sa souffrance au lecteur: rien de mieux qu'écouter les lamentations du malade lui-même.

- "C'est extraordinaire! c'est singulier! répéta-t-il" , "Il se recula tout effrayé", "Il la questionna; elle ne répondit pas", les interventions de Charles expriment l'horrible état d'Emma. Il permet aussi une approche un peu plus médicale : "Charles observa qu'il y avait au fond de la cuvette une sorte de gravier blanc, attaché aux parois de la porcelaine".

- Le narrateur permet la focalisation des sens d'Emma: "Une saveur âcre", "elle entendait le battement de la pendule", "Elle s'épiait curieusement", "elle sentait un froid de glace".

B/ Le système énonciatif: le narrateur

a) Discours direct

- L'utilisation du discours direct permet le contact entre Emma et Charles , ce qui fait ressortir la souffrance d'Emma: "Il la questionna, elle ne répondit pas", "Enlève-le! dit-elle vivement; jette-le!". Emma exprime son irritation, qui est d'ailleurs double: un mari inutil, un poison douloureux.

- Mais il permet aussi, en dehors du dialogue, d'exprimer et mettre en relief la pensée d'Emma: "Ah! c'est bien peu de chose la mort!", le fait que le narrateur laisse la place à Emma pour exprimer ces pensées après avoir décrit ce qu'elle sent crée ce relief.

b) Discours indirect libre: Flaubert est dans Emma

-Le narrateur est externe, texte à la troisième personne "Elle"/"Il"/"lui", et a un point de vue interne, verbes de perception "elle entendait"/"pensait-elle".

- Le narrateur peut donc raconter les faits en prenant une certaine distance avec les personnages. Mais cette distance se dissipe lors de l'utilisation du discours indirect libre "Mais non! rien encore". On peut penser que le narrateur rentre vraiment dans Emma. Ceci crée un rapprochement qui fait plus sensible l'agonie d'Emma, on pourrait dire que le narrateur ressent lui-même sa souffrance. (("Je suis moi-même Mme Bovary" citation extraite des propos de Flaubert.))

C/ Des sens et des sensations continuellement évoquées

- Les sens et les sensations ont une place privilégiée dans cet extrait: 

=> Elles sont sujet des phrases: "Une saveur âcre qu'elle sentait", "Cet affreux goût d'encre continuait", "les vomissements reparurent".

=> Plusieurs contrastes significatifs

      --"Elle entendait le battement de la pendule, le bruit du feu, et Charles, debout près de sa couche, qui respirait": on note un lexique qui revient au vivant "battement", "feu", "respirait". Cette harmonie légère est en accord avec le fait qu'elle ne souffre pas, "Mais non! rien encore", d'où la réplique "Ah! c'est bien peu de chose, la mort!". Cet image faible de la mort heurte violentement avec la souffrance qu'elle ressent après: "j'étouffe!", "Elle fut prise d'une nausée si soudaine", "Elle se tenait immobile, de peur que la moindre émotion ne la fît vomir". Le lexique s'oppose "respirait"/"j'étouffe".

      --"Elle but une gorgée d'eau et se tourna vers la muraille" = l'eau donne au lecteur une sensation de fraîcheur, en plus l'action de boire de l'eau ne provoque aucune conséquence douloureuse inmédiate, "et se tourna vers la muraille" qui va dans ce sens de tranquilité, tranquilité qui est tout à coup opposée à "cet affreux goût d'encre continuait". Le goût d'encre est contrasté par rapport à la fraîcheur de l'eau.

II/ La représentation sale de la mort

A/ Le rythme du spectacle

-Le rythme du récit contribue fortement à la présentation d'une véritable agonie.

-Au début, le rythme du récit est doux: "Elle entrevit Charles et referma les yeux","Elle but une gorgée d'eau et se tourna vers la muraille", "J'ai soif!... oh! j'ai bien soif!" = rythme binaire, des accumulations "Elle entendait le battement de la pendule, le bruit du feu, et Charles, debout près de sa couche, qui respirait".

- Par contre lorsque la douleur se présente, le récit prend une allure heurtée et rapide, comme lorsqu'un malade veut éviter le plus vite possible la douleur.

- Évocation du temps: "si soudaine", "elle eut à peine le temps"

- Juxtaposition des phrases: "Enlève-le! dit-elle vivement; jette-le!", "Il la questionna; elle ne répondit pas", "Il lui passa la main sur l'estomac. Elle jeta un cri aigu. Il recula tout effrayé"

-Ellipse pour focaliser l'agonie: "À huit heures, les vomissements reparurent"

B/ Aucune idéalisation de la mort

-Écriture sèche avec aucun embellisement ou dramatisation.

-Paroles d'Emma limites au nécessaire: "J'ai soif", "jette-le!",...

- Pas de réflexion de regret de la vie

- Corps couché à l'écoute du travail de sa destruction.

- Absence du lyrisme, la mort telle qu'elle est.

-Style plus sec: propositions juxtaposées et coordonnées qui au contraire que les propositions subordonnées (avec plus de verbes) offrent une vision moins embellie.

-L'auteur réaliste doit photographier la scène.

-Mots indéterminés: "C'est peu de chose, la mort", "tout sera fini". Flaubert s'oppose au lyrisme, il s'interdit tout imaginaire.

C/ Étouffement du romantisme, le triomphe du réalisme

- La mort prend son temps à venir et provoque des nombreuses douleurs: ce n'est pas une mort rapide et nette qu'est celle qu'attend Emma.

-Emma va être constamment contredite par les faits.

- "je vais m'endormir, et tout sera fini" allusion explicite au romantisme qui est directement niée car "cet afreux goût d'encre continuait"

- De même, "elle sentait un froid de glace qui lui montait des pieds jusqu'au coeur. -Ah! voilà que ça commence!"= Emma croit qu'elle va déjà commencer la mort qu'elle s'attendait depuis le début mais elle est autrefois rejetée: "Elle roulait sa tète avec un geste doux plein d'angoisse, et tout en ouvrant continuellement les mâchoires, comme si elle eût porté sur sa langue quelque chose de très lourd." = on a l'impression qu'elle soit vraiment dans une agonie extrême, qu'elle ne peut même pas supporter. La continuité du mouvement et le souci du détail crée un effet de réalisme et d'exactitude dans la description.

-De plus, l'ellipse "À huit heures, les vomissements reparurent" exprime le fait qu'elle est encore vivante et agonissant. Le romantisme s'avère complètement inadapté à la réalité.

- La description du vomissement est très détaillée, et sans aucun embellisement, c'est la réalité, et la réalité n'est pas toujours belle.

III/ L'impuissance des personnages: des anti-héros

A/ Emma: emprise du poison

- Elle est complètement passive et attachée au lit. Elle se crée une sollitude elle-même, elle rejette Charles.

- Elle ne peut rien faire pour éviter la mort.

B/ Charles: 

- Il ne fait que des questions: "qu'as-tu donc?","Que dis-tu?", "Il la questionna" Il n'agit pas, se limite à tenir un verre.

-Il est un mari maladroit: il ne comprend pas qu'Emma veut qu'il lui enlève le mouchoir.

- Il est un médecin médiocre: "C'est extraordinaire! c'est singulier!"= ces propositions ne sont pas adéquates à la situation et ne s'adapten pas au jargon d'un médecin.


 

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Mme Bovary de Flaubert Lettre de Rodolphe

9 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Mme Bovary

 

INTRODUCTION: 

Gustave Flaubert fût un écrivain français né en 1821 et mort en 1880. Il est un prosateur de premier plan de la deuxième moitié du XIX ème siècle et a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques et par la force de son style dans de grands romans comme Mme Bovary (1857) et L’éducation sentimentale en 1869.

Mme Bovary est l'histoire d'une jeune femme, Emma, qui, à cause de son esprit romantique et son penchant au luxe, doit vivre la réalité en se réfugiant dans des lectures et des amants. L'extrait qu'on va commenter...

Questions possibles en oral:

-Comment Flaubert ridiculise-t-il le romantisme?

-Comment Flaubert à travers un portrait fait une double critique, celle d'un personnage, Rodolphe, et celle d'une esthétique?

-Étudier l'ironie dans ce texte

-Quel portrait Flaubert brosse-t-il de Rodolphe dans cet extrait?

-Quel est le registre de ce texte.

I/ La rhétorique de la persuasion de Rodolphe

- Rodolphe va déployer tout un discours rhétorique pour persuader Emma de la nécessité de la séparation

-Procédés au service de Rodolphe:

-"croyez-le bien"= intention de persuader de Rodolphe

-Apostrophes. "Emma", "pauvre ange"

-Injonctions: "Oubliez-moi!'', ''Soyez toujours bonne!"

-Périphrases: "adorables femmes"

-Style: syntaxe heurtée = alternance phrases longues, phrases courte, interrogations et exclamations.

-Aphorismes: vérités générales : "le monde est cruel", "malheureux que nous sommes"

- Emphase et lyrisme

 =>Exagérations: l’abîme où je vous entraînaisMoi qui voudrais vous faire aseoir sur un trône !,...qui emporte votre pensée: aboutissent désormais dans le propos de Rodolphe à un rejet de tout idéalisme : insensés !, Pourquoi étiez-vous si belle ?

=>Accumulations: "les questions indiscrètes, la calomnie, le dédain, l'outrage"

=>Métaphores: "je me reposais à l'ombre de ce bonheur idéal"

=>Gradations: "Avez-vous mûrement pesé votre détermination? Savez-vous l'abîme où je vous entraînais, pauvre ange?"

=>Anaphores: "Pourquoi... Pourquoi...", "moi qui... moi qui..."

=>Interrogations rhétoriques:n'est-ce pas?, est-ce ma faute?Selon Rodolphe, le regret de la séparation ne serait rien comparé aux tourments de l'adultère.

·         voir le réseau lexical du "malheur" : atroce douleurchagrins.

·         le thème de la faute, de la réprobation morale : calomniedédain outrage.

·         les comparaisons grotesques, parodies de Paul et Virginie : l’exotique manceniller, arbre trompeur dont l’ombre ne laisse pas deviner le feuillage vénéneux.

-appel à la postérité Apprenez mon nom à votre enfant, qu'il le redise dans ses prières = prosopopée

-Utilisation d'images fortes: "L'idée seule des chagrins qui vous arrivent me torture", "Je me punis par l'exil "

-La souffrance:

=> Celle d'Emma : "Je ne veux pas faire le malheur de votre existence", "l'abîme où je vous entraînais", "des chagrins qui vous arrivent", "qui fait à la fois votre charme et votre tourmant", "L'outrage à vous", "tout le mal que je vous ai fait"

=> Celle de Rodolphe: "malheureux que nous sommes", "l'atroce douleur de vos remords", "L'idée sele de vos chagrins qui vous arrivent me torture", "Est-ce ma faute?", "Moi non plus, je n'y avais pas réfléchi d'abord, et je me reposais à l'ombre de ce bonheur idéal, comme à celle du mancenillier, sans prévoir les conséquences.", "Je me punis par l'exil de tout le mal que je vous ai fait."

La souffrance de Rodolphe est constamment parallèle à la souffrance d'Emma. Ce parallélisme permet à Rodolphe d'accentuer sa souffrance: elle est toujours plus profonde. De plus, la souffrance d'Emma que Rodolphe exprime est souvent hypothétique voire irréelle: "la fausseté de notre poosition future", "Il nous serait venu des lassitudes", emploi du conditionnel. "partout où nous eussions été", "Il vous aurait fallu", "Ah! si vous eussiez été", on est dans la persuasion

II/ Le dispositif énonciatif

-Plusieurs niveaux d'énonciation:

=>Voix narrateur: Ironique, "ce qu'il jugeait d'un bon goût" (antiphrase), "Elle lui parut bonne"

=>Monologue Rodolphe: style direct, italiques --> distance entre ce qu'il y a écrit et l'auteur.

=>Rodolphe à Emma: lettre, communication différée. ("Je serais loin que vous lirez ces lettres") Lettre dans le roman= démultiplication des points de vue => mise en abyme de l'acte d'écrire

-Mise en évidence de l'hypocrisie de Rodolphe avec le contre-point du prosaïsme de son discours et du lyrisme de la lettre. "femme pareille" ="adorable femme"

-La flamme des bougies renvoit à la passion entre les deux

Le monologue de Rodolphe montre le cynisme

-La voix du narrateur ironise la scène.

III/ La portée esthétique de ce texte

-Discours de Rodolphe pétri du lyrisme du romantisme

-Vision idéal et romantique de l'amour: presque caricature

-Romantisme:

=>Au niveau du style. toute ponctuatuion qui est du registre lyrique

-Champs lexicaux: religion (à Dieu), du surnaturel ("talisman"), royauté ("trône")

-Romantique= celui qui souffre "je me punis par l'exile" (topos de la souffrance)

-Rodolphe fait une parodie: amas de clichets. C'est l'occasion de Flaubert, avec une mise en abyme, de dénoncer le romantisme mauvais (romans de gare). 

  Complaisance et auto-satisfaction du rédacteur : "je suis honnête", "Oui, c’est cela."

·         La recherche des idées "– Comment vais-je signer... ?" - confirme l’absence d’imagination du personnage, et le caractère pré-fabriqué de la lettre : "si je lui disais...", "Ah! non...", "Voilà un mot qui fait toujours de l’effet."

·         Le regard du narrateur se superpose au discours satisfait de Rodolphe, comme s’il était penché sur l’épaule du personnage: "Rodolphe s’arrêta pour trouver ici quelque bonne excuse et il y avait un dernier adieu, séparé en deux mots : A Dieu ! ce qu’il jugeait d’un excellent goût"

CONCLUSION: 

Étape décisive du roman qui poussera Emma à de nouveaux dérèglements, qui annonce la clôture de la seconde partie.

·         Condamnation du personnage de Rodolphe, qui ne peut échapper à la médiocrité provinciale de ses concitoyens (son attitude dans la Troisième partie confirme sa responsabilité dans la mort d'Emma).

·         Une observation minutieuse de la naissance de l'écrit, un exemple du fonctionnement de l’écrit dans l'univers fictif d'un roman.

 

Ouverture: 

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L'albatros de Baudelaire dans Les Fleurs du Mal

8 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Les Fleurs du Mal

Introduction:   Cette œuvre s'inscrit parfaitement dans le Romantisme étant donné que Baudelaire réussit à transmettre son désespoir au lecteur. L'albatros représente la propre condition du poète déchiré entre son aspiration à l'élévation, l'idéal, et sa condition humaine réelle, le spleen.

• Baudelaire faisait partie de la génération des poètes maudits, c'est-à-dire incompris par les gens de son époque.

Problématique: Comment Baudelaire propose l'allégorie du poète en exil à travers la rencontre douloureuse de l'univers supérieur du poète avec la réalité du monde?

I/ Spleen et Idéal

A/Deux espaces principaux confrontés : le ciel (espace de l'albatros) et le pont du bateau (espace des Hommes) :
• Opposition (antithèse) par leur dimension : infini, ouvert/limité, fermé), 
• Par leur situation : au dessus, vertical / bas, horizontal
• Par leur connotation : liberté, évasion/plat, terre à terre, absence d'élévation
==> La liberté de l'albatros se heurte à l'environnement clos du navire

B/L'albatros est personnifié :
La description de l'albatros est marquée par différence entre le Ciel et la Terre
Les termes valorisants se rapporte à l'albatros dans son univers et les adjectifs dévalorisant se réfère à l'albatros dans celui des Hommes.

Albatros mis en valeur dans son univers :
• Sa pureté ('ailes blanches, azur')
• Son amplitude ('grandes ailes, géant, vaste') permet d'imaginer d'immenses ailes recouvrant et protégeant les océans (hypallage 'vaste oiseaux des mers' = oiseaux des vastes mers)
• 'Ailes' connoté à légèreté, sérénité ('indolents'), sublime, grâce, car se laisse porter par le vent
• Sa puissance, domination, supériorité dans son propre univers ('rois, prince'), l'albatros majestueux règne au dessus des Hommes ('grandes ailes blanches' peut même évoquer hermine impériale)
• 'Indolents compagnons' marque sa confiance et sa nonchalance 
• Son caractère pacifique : aucune présence d'hostilité, il fait même preuve d'humanité : ce qui donne une impression d'égalité avec les Hommes ('compagnon de voyage') mais l'albatros se révélera même plus humain que les matelots.


Mais cette image valorisante s'inverse :
• Oxymore 'infirme qui volait' marque transition
• Poème donne deux visions radicalement opposées : 
autant l'albatros en vol est majestueux, il a une allure souveraine
autant lorsqu'il se pose, il paraît ridicule


Les thermes dévalorisant de l'Albatros sur le sol :
'déposés' évoque roi déchu, voyageur ailé tombé du ciel
• Du vol royal, on passe au boitement de l'infirme
• Perte du coté merveilleux et somptueux d'où l'adverbe 'piteusement' : les 'grandes ailes blanches' qui symbolisaient sa légèreté deviennent mécaniques, peu nobles, d'où la comparaison avec des avirons (rames)
• 'Voyageur ailé' obtient des adjectif dévalorisant comme 'gauche et veule' : antithèse entre aisance/maladroit
• Libre / prisonnier, jouet
• Beauté / Laideur

==> Jadis roi admiré dans le ciel, il fait désormais objet de railleries et ne suscite plus que dérision ('comique, gauche, infirme')

II/Un récit allégorique :

A/ Deux lectures

-Les trois 1ère strophes donnent le récit de l'albatros tandis que la dernière est dédiée au poète : après la présentation, Baudelaire donne la clé du poème avec une réflexion sur le poète : volonté de créer une surprise-

-Strophe 1: plan d'ensemble dans lequel les albatros suivent le navire.

-Strophe 2: plan rapproché, sur les planches.

-Strophe 3: plan encore plus rapproché cette fois sur l'albatros.

=Progression narrative.

Rythme narratif vivant: alexandrins (poèsie narrative), virgules. Il y a donc une narration à la première lecture.

Association poète / prince des nuées donc rapprochement entre l'albatros et le poète.
==> Cette association oblige une réinterprétation : le 'voyageur ailé' devient poète, les 'H d'équipage' représente la Société, le bateau = la terre, les planches = le théâtre social, le voyage = la vie parcourue. Baudelaire invite à une relecture du poème.

B/ Les symboles du spleen

 Le symbolisme du bateau glissant :                                                                                                              

 • Le 'navire glissant' crée une atmosphère calme mais qui peut être bouleversé à tout moment par le caractère imprévisible des 'gouffres amers' (métaphore mer)

• La répétition des consonnes 'v, s et f' traduit un doux sifflement renforçant l'idée de calme et d'harmonie
==> Les Hommes et le poète devraient être solidaires car embarqués dans le même voyage de la vie, sur le bateau symbole de la Terre, toujours menacé par un naufrage : leur condition humaine devrait les réunirent.
 

Le symbolisme de l'équipage :

• L'équipage est toujours envisagé comme un ensemble anonyme, indifférencié ('L'un, l'autre, ils') : c'est une masse généralisée qui représente la société
• L'équipage / La société travaille pour avancer, souci occupation, de labeur où le poète n'as pas vraiment de place
• L'équipage a trop les pieds sur terre, il est matérialiste, ne voit pas plus loin (il n'a pas la moindre idée du monde de l'albatros/poète)
• C'est un monde sans hauteur, sans élévation, sans spiritualité, sans recherche de questions sur monde...

 

C/La symbolique de l'oiseau:

-Du récit au symbole: v.13 comparaison explicite entre l'oiseau et le poète grâce au mot "semblable à".

Dans son monde de l'esprit :

• L'oiseau donne un aspect sublime, une majesté, une fluidité et donc une prestance d'esprit 
• L'albatros vit dans l'espace aérien, ce qui signifie que le poète vit dans un monde imaginaire, libre, d'évasion, hors de portée, spirituel (celui de la pensée donc infini) et supérieur au bas monde social qui reste horizontal 
• C'est le poète qui s'amuse des flèches et des moqueries envoyés par ceux qui rasent terre. Un certain mépris leur est renvoyé.

Par rapport aux autres :
• Baudelaire donne une image du poète vivant dans un monde à part. Il se laisse porter au dessus et descendu sur terre devient maladroit, ridicule car dépaysé, loin de l'air, de la lumière, du pays qui lui ressemble : c'est pour ça qu'il ne sait pas marcher au rythme des mesquineries, qu'il a honte (adverbe 'piteusement')
• 'exile sur le sol' comme l'albatros, le poète est inadapté au monde des Hommes, il ne trouve pas sa place ; mais il est destiné à celui du Ciel
• Il est la victime de la cruauté des Hommes ordinaires : l'albatros et en même temps le poète est agressé par les moqueries (hostilité avec 'huées')
• Le poète est incompris de la société et ses ailes, c'est-à-dire son génie, le gêne. Le dernier vers est admirable car il est synthétique du drame du poète : sa grandeur fait sa misère.
• L'albatros et le poète ont la même souveraineté, la même solitude, la même déchéance lorsqu'ils redescendent au niveau de la société.

Qu'est-ce qui fait la chute du poète oiseau ?
Peut-être par nécessité, ou par manque de recettes : sait-il se débrouiller seul, dans une société où faut marcher au pas du travail, où rêve équivaut à une perte de temps ? Sa chute a peut-être pour origine un décalage entre ce que la société exige et ce qu'il rêve de lui donner : c'est un marginal.


 

Conclusion:

• Par biais de métaphores, de comparaisons et d'antithèses, Baudelaire réussit à transmettre une idée au lecteur.
• Le poème s'inscrit parfaitement dans le 'mal de vivre' du poète, d'où sa grande popularité en littérature. 
• Baudelaire débute d'abord par un récit de voyage, puis glisse vers la ridiculisation de l'albatros pour finalement l'identifier au poète. Leurs points communs : la solitude, l'exclusion, le mépris et l'objet de railleries sont leurs lots quotidiens.

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Les Fleurs du Mal de Baudelaire : "Au lecteur"

7 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Les Fleurs du Mal

Introduction

Charles Baudelaire, 1821-1867, a une influence romantique, parnassienne et il préfigure le symbolisme.

Au lecteur est le premier poème du recueil, placé hors numérotation, il a toujours été placé en tête dans toutes les éditions. Il est composé de 10 quatrains. Les deux premiers montrent la faiblesse de l’homme en proie aux péchés, sa faiblesse physique et morale. Les 5 suivants montrent l’influence de Satan, la beauté du mal, bref l’esthétique sataniste. Les 3 derniers montrent la place importante qu’occupe le spleen, cette mélancolie.

ProblématiqueQuel est le rôle de ce poème dans l’architecture du recueil ?

I) Une vision pessimiste de l'homme, l'éclairage du titre, LFM

A. La faiblesse de l'homme

-Illustration du titre: la thématique du recueil est donnée= parler du Mal.

-La poèsie permet de chanter le spleen, il naît du mal du poète.

- Champ lexical du vice et des péchés: "lésine", "péchés", "lâches", "débauché", "volons", "plaisir", "clandestin", "démon", "Satan", "viol", "poison", poignard", "incendie", "vices", "Ennui".

-Baudelaire nous montre ici une réalité cachée de l'homme, la face de l'homme corrompu.

-Cette vision de l'homme prône:

=> L'homme comme individu dominé par la lassitude: champ lexical de la paresse "lâches", "oreiller", "berce", "débauché". L'homme est emporté: "C'est le Diable qui tient les fils qui nous remuent", "Chaque jour vers l'Enfer nous descendons d'un pas".

=>L'homme sans volonté: l'homme vit dans l'illusion "notre esprit enchanté", "Croyant par de vils pleurs", "occupent nos esprits", et manque de volonté: "Nos péchés sont têtus" = l'homme est incapable d'anéantir le fait de commettre des péchés, la faute de cette obstination est dirigée aux péchés eux-mêmes, Baudelaire exprime ainsi l'incapacité de l'homme à se culpabiliser ("c'est pas ma faute!"). "Et le riche métal de notre volonté est tout vaporisé par ce savant chimiste"= l'homme est deshumanisé, il n'est plus maître de son corps. La volonté est caractérisée par un lexique laudatif "riche métal" tel une pierre précieuse qui contraste l'importance de sa disparition. (NOTE: le fait que ce soit un " savant chimiste" qui "vaporise" la volonté peut faire penser à l'effet de la consommation de drogues dont Baudelaire soulignera qu'elle est "de toutes les facultés la plus précieuse")

B. L'esthétique sataniste de Baudelaire

-Présence du diable: "Satan", "Démons"

- Il annonce une esthétique satanique

-Satan est la figure de référence

-Dès le 1er vers, il y a le péché, la religion est particulièrement visée par Baudelaire, champs lexical de la religion. Notre volonté, l’erreur, la sottise est transformée par le mal, alchimiste (hermès). Le Styx, est le fleuve qui amène aux enfers. On relève le champ lexical du mal, « Satan », « démon », « diable », le mal est donc très présent. Baudelaire développe ici une esthétique qui est satanique, on remarque la rupture du romantisme, notamment avec Hugo, qui est lassé de mettre dieu au centre.

Cela préfigure les poèmes blasphématoires qui figurent dans la section « révoltes ».

-C'est Satan et non Dieu qui dirige l'homme.

C. L'ennui, le "spleen"

=>Et cet homme devient lâche et sans volonté à cause de son défaut pour le plaisir, le divertissement= c'est le combat contre "l'Ennui"Tout le poème est construit de manière à amener l’ennui qui arrive de façon dramatique. En effet, une majuscule et un point d’exclamation suivit d’un tiret l’isole du reste du poème. On relève une énumération d’animaux monstrueux, « les vautours », puis une seconde d’adjectifs, plus laids, plus méchant, plus immonde… c’est aussi une gradation, « glapissants, hurlants, grognants… ». Ceci accentue ce que l’on doit découvrir, c’est une progression qui mène à l’ennui, lui-même fortement accentué et même personnifié. 

II) Un poème en forme de préface

A. Un pacte avec le lecteur

-Une préface doit remplir plusieurs fonctions, donner l’appartenance du texte, le genre ; définir une poétique, quel ton ? Principe d’écriture ? Établir un protocole de lecture ainsi qu'accrocher le lecteur.

-Ici, ce n’est pas une confession lyrique de Baudelaire, il y a même un retournement de situation au 4ème quatrain, "tu" arrive avec brutalité risquant de ne pas plaire au lecteur, c’est une provocation moderne.

- Le lecteur est masqué, il est impliqué dans l’œuvre, ponctuation, mise en évidence, « Hypocrite lecteur », et ceci dans un but de rapprochement avec l’auteur, "mon semblable, mon frère." .

-Baudelaire comprend une humanité générale: pron. personnel "nous". Il crée une relation d'intimité avec le lecteur.

-Victor Hugo écrit dans la préface des Contemplations : "Insensé qui croît que je ne suis pas toi"= relation d'intimité.

 B. La modernité de Baudelaire : sa violence poétique

Baudelaire donne des images crues, il a des propos violents, on relève le champs lexical de la pourriture, dévoré, rongé par les vices, le spleen, « vermine », « vers qui rongent », « helminthes ». Il y a un mélange de plusieurs genres de langues, grandiose et idéal et spleen. On relève aussi des oxymores (violence antithétique et figures d'opposition).

-La poésie est donc une déchirure entre le spleen et l’idéal mais aussi une réconciliation par les oxymores.

- Annonce d'une modernité par l'usage d'un vocabulaire courant ("vieille orange") qui choque avec un vocabulaire culte ("catin"=mot antique, "helminthe", "trismégiste")

 C. Le déploiement des images

-Il y a des métaphores, des comparaisons, à tous les vers.

-La mort est une allégorie, "sourdes plaintes", "fleuves invisible", métaphore filée, le mal est comparé à un oreiller confortable où Satan va nous bercer. L'Ennui, avec e majuscule, est aussi personnifié "il rêve d'échafauds en fumant son houka".

-Toutes ces images ont pour but de révéler la vision de Baudelaire, révéler le monde tel qu’il est et non tel qu'il semble être. Il nous fait vivre l'expérience, la souffrance du poète par la révélation qu’il a eu de Satan, du diable, de l’ennui. C’est un coup de théâtre car il préfigure le symbolisme.

- Cette préface propose une vision pessimiste de l'homme, ce qui éclaire le titre.


 Conclusion

Nous avons pu voir que ce poème est une véritable préface à l’entrepris des Fleurs du mal, qu’il est une invitation au voyage faite au lecteur où le poète annonce ce qu’il va se dérouler au fur et à mesure de la lecture, où le lecteur vivra une véritable alchimie de la douleur.

 

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Un balcon en forêt de Julien Gracq

7 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Corpus de textes

Introduction: 

En 1958, Julien Gracq publie Un balcon en forêt. Le roman se présente comme un récit de guerre narrant les premiers mois de ce que l’on appellera la "drôle de guerre" pour l’attente et le suspens qui caractérisent la situation des soldats en 1939. Grange a pour mission d’arrêter les blindés allemands si une attaque se produit. Alors qu’il erre sous la pluie dans la forêt des Ardennes, il fait la rencontre étrange d’une jeune femme, Mona, qui deviendra sa maîtresse.

L’extrait qui nous intéresse se présente comme la réactivation du topos littéraire de la rencontre amoureuse. On se demandera en quoi cette rencontre est à la fois insolite et mystérieuse. Pour cela, on étudiera d’abord l’étrangeté de cette rencontre (à travers son cadre et sa progression), avant de se pencher sur le portrait d’une jeune-femme merveilleuse.

Problématiques:

I/Une rencontre étrange

 1/Le cadre de la forêt

a) Champ lexical de la forêt et de la pluie: importance accordée au paysage, qui suscite un mystère.

b) Nombreux sens sollicités (vue "il levait les yeux", ouïe: "sous le crépitement maintenant serré de l'averse": allitération en "r" qui semble mimer le bruit de la pluie.)

c) Images poétiques liées à la nature:

  =>métaphore du "rideau de pluie": la pluie est comparée a une étoffe transparente ;

  => "la laie s’enfonçait dans la pire solitude" l. 17 : le chemin est personnifié et Gracq attribue a la forêt le sentiment de solitude.

  => "l’averse autour d’eux faisait frire la forêt a perte de vue" (l. 17) : métaphore culinaire qui insiste sur le bruit de la pluie, lui-même rendu sensible par les allitérations en "f" et  en "r" dans la phrase.

  2/La progression du regard

a)Narrateur externe, focalisation interne: nombreux verbes de perception. On suit le regard de Grange qui lui-même suit cette jeune fille: "il levait les yeux" (l. 1), "il aperçu" (l. 1), "il se mit a observer" (l. 8), etc.

b)Importance accordée aux verbes de spéculation, d'imagination:  "on pensait d’abord" (l. 6), "elle semblait ne se soucier mie" (l. 10), "Grange crut discerner" (l. 16), "paraissait a Grange" (l. 27): l'observation suscite l'imagination, la rêverie.

c)La poursuite, qui se traduit dans le texte par un jeu d'alternance entre les pronoms "il" et "elle" aboutit à une fusion des personnages dans le pronom "ils" l.26: "ils allèrent ainsi un moment".

  3/De la curiosité au désir

a) Au départ, une simple curiosité: "il y avait dans sa démarche quelque chose qui l'intriguait" (l.9), curiosité rendue sensible par la minutie de la description par exemple l.11: "Tantôt elle sautait une flaque à pieds joints, tantôt elle s'arrêtait au bord du chemin pour casser une branche- une seconde elle se retournait à demi..."(l.11). Le vocabulaire de la curiosité cède ensuite la place à un lexique plus fort: "ce manège gracieux, captivant" (l.21), avant d'être tout à fait un langage amoureux et sensuel: "tout entier remué et curiosité violente" (l.29)

b) La syntaxe de la dernière phrase, avec sa proposition participiale, rend sensible la puissance et la soudaineté du désir. L'homme est dépassé par son désir.

c)Progression en forme d'inversion des rôles au fil du texte: chasseur/"bête aux abois", puis l. 28-29: "il n'était plus qu'un homme qui marche derrière une femme": la tournure restrictive "ne...que..." rend sensible sa faiblesse, et en regard, sa domination.

TRANSITION: On a pu voir que de nombreux éléments contribuent au mystère de cette rencontre et lui confèrent une dimension onirique: son cadre (la forêt, la pluie) mais aussi l'utilisation de la focalisation interne qui permet le passage de la "vision" au "rêve",  et même au "désir". Ainsi l'errance de Grange sous la pluie qui métamorphose le paysage rend possible le portrait d'une jeune-femme elle-même merveilleuse.

 

II/Le portrait d'une jeune-femme merveilleuse

 1/ Une femme mystérieuse et merveilleuse

a)Mystère du début: indéfinition à cause de la pluie ("à demi-fondue dans le rideau de pluie" (l.2), de sa capuche ("enfouie dans une longue pèlerine à capuchon", l.4), et de l'étrangeté de sa silhouette ("le dos un peu cassé comme si elle avait calé contre ses reins sous la pèlerine un sac de cuir"l.6) 

b)Laisse place à une rêverie sur fond de conte de fée: la petite fille enfouie dans sa pélerine et s'amusant dans les bois évoque le petit chaperon rouge, d'autant plus qu'elle n'est pas à proximité d'une maison. Grange l'appellera lui-même "fadette" et "sorcière de la forêt" (l.19), autres éléments renvoyant au conte merveilleux.

c) Mais la métamorphose de la petite silhouette n'est pas terminée. Elle prend des allures animales: "les mouvements du cou(...) étaient ceux d'un poulain échappé". Elle est dans le même sens comparée à une "jeune bête aux abois".

  2/ La métamorphose de la petite fille à la femme

a)Étude des substituts nominaux désignant la jeune fille: de "petite fille", elle devient "écolière", puis "gamine", la "silhouette" est également qualifiée de "petite". Ses attitudes sont celles d'une enfant joueuse: "tantôt elle sautait une flaque à pieds joints, tantòt elle s'arrêtait au bord du chemin pour casser une branche". Le narrateur qualifiera d'ailleurs cette course de "manège gracieux".

b) Mais peu à peu, on assiste à la métamorphose, sous le regard de Grange, de cette petite fille en femme. La transformation commence dans un jeu de séduction l.12: "une seconde, elle se retournait à demi et semblait jeter sous le capuchon de sa pèlerine un coup d'oeil en arrière...". Encore qualifiée de petite-fille, son attitude semble en réalité plus mutine qu'innocente. Elle ouvre ainsi la voie à la rencontre: "Maintenant qu'il s'était un peu rapproché, ce n'était plus tout à fait une petite fille: quand elle se mettait à courir, les hanches étaient presque d'une femme". Simultanément à l'évolution du regard de Grange de la curiosité au désir, la petite fille devient femme et même séductrice: "il y passait par moments un fléchissement câlin qui lui parlait brusquement de toute autre chose, comme si la tête se souvenait toute seule de s'être déjà blottie contre l'épaule d'un homme" (l.24-25).

  3/ La femme comme voie d'accès au monde des rêves

a)La jeune fille intéresse le narrateur dans la mesure où elle est mysérieuse et libère l'imaginaire. Même lorsqu'elle est séductrice et sensuelle (l. 24-25), ses mouvements "parlent" à Grange, c'est-à-dire qu'ils ouvrent à la rêverie.

b) A plusieurs reprises, Grange l'associe à la pluie elle-même: " à demi fondue dans le rideau de pluie" et plus loin "c'est une fille de la pluie". Mona semble associée à la vie-même de la forêt.

c) Le narrateur attribue donc un très grand pouvoir à la jeune-fille, au point qu'elle métamorphose le paysage à la fin du texte lorsque le désir est très clair: "Malgré le bruit de l'averse qui battait la route, la trouée plus claire du chemin paraissait à Grange celle même de l'embellie". La jeune-fille a ici le pouvoir de modifier la perception du temps et de la lumière par Grange. On note par ailleurs les sonorité douces de cette phrase, comme une accalmie (gràce à l'allitération en "l" et la répétition du "m")

 Conclusion partielle: On assiste donc, sous les yeux et dans l'imagination de Grange, à la métamorphose de la jeune fille en créature merveilleuse puis en animal sauvage, de la petite fille en femme désirable. La femme est donc pour le narrateur un objet de fantasme ayant le pouvoir d’ouvrir l’imaginaire et d'accéder au monde des rêves

Conclusion: On a pu voir comment le topos de la rencontre amoureuse se donne chez Julien Gracq dans une sorte d’Éden mystérieux, dans lequel le personnage entame une course-poursuite ludique avec une jeune-fille. Sous le regard de Grange, la petite-fille se métamorphose en femme-fée et devient une voie d’accès privilégiée à un monde onirique, à la faveur de cette forêt mystérieuse. C’est ici la spécificité de cet auteur aux accents surréalistes, qui dans Au château d’Argol s’adonnera à d'autres descriptions de la forêt profonde et féérique d’Argol, comme lieu propice à l’amour.

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