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Le blog de Toni

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Les Lectures d'Emma de Mme Bovary, Gustave Flaubert

2 Juin 2010 , Rédigé par Toni Publié dans #Mme Bovary

Introduction:

Gustave Flaubert fût un écrivain français né en 1821 et mort en 1880. Il est un prosateur de premier plan de la deuxième moitié du XIX ème siècle et a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques et par la force de son style dans de grands romans comme Mme Bovary(1857) et L’éducation sentimentale en 1869.

Madame Bovary est l’histoire  d’une jeune femme, Emma, qui, à cause de son esprit romantique, doit vivre la réalité en se réfugiant dans des lectures et des amants. L’extrait qu’on va commenter …

Problématique:

- Comment apparaît le sentimentalisme d'Emma et quel regard Flaubert porte-t-il sur lui?

-Quel portrait d'Emma Flaubert fait-il à travers ses lectures?

-Quel est le rôle de la lingère dans cet extrait?

-Comment lisez-vous ce portrait d'Emma, à la lumière de la fin du livre?

- Étudiez l'ironie dans e passage: ses procédés, sa portée.

- Quels sont les registres de ce texte?

I/ La lingère, initiatrice de l'amour (et l'ironie vis à vis de cette lingère)

A) Le portrait de la lingère

Personnage encore infantil, qui n'évoluera pas: la lingère est caractérisée dès le début de l'extrait par la paradoxe: "vieille fille"= elle sera toujours une fille qui rêve de l'amour mais qui est encore innocente et sans vie amoureuse. 

-Elle a une fausse expérience fondée sur ses lectures, elle "avalait de longs chapitres" et "elle avait toujours dans les poches de son tablier" quelques romans.

-Elle est présentée avec un peu de mépris, ce qui est illustré par l'utilisation de déterminants indéfinis "des", "quelque": "elle contait des histoires, vous apprenait des nouvelles", "faisait en ville vos commissions, et prêtait aux grandes(...) quelque roman". Les lectures de la lingère et ses histoires sont banalisées.

-Elle agit secrètement: "en cachette", "les poches de son tablier" = espace privilégié pour cacher. Et elle est caractérisée par son envie de manger: "elle avalait", "mangeait", "après le repas", d'ailleurs la première action qui est évoquée d'elle est qu'elle mangeait à la tables des bonne soeurs. 

-On a une image de la lingère qui s'oppose à l'image de la femme dans ses romans: "amantes, dames persécutés s'évanouissant (...), troubles du coeur, serments, sanglots"= image romantique or dans le romantisme on ne mange pas et on travaille pas mais "la bonne demoiselle avalait de longs chapitres", "tout en poussant son aiguille"= La qualité des romans qu'elle apporte est en parallèle à l'aspect de la lingère.

B) Les lectures de la lingère, vecteur d'ironie pour Flaubert

-La lingère apporte des romans au couvent, elle est le portal entre vie quotidienne et le couvent. Elle introduit les pensionnaires au vice, "Souvent les pensionnaires s'échappaient de l'étude pour l'aller voir.", mais elle est paradoxalement "protégée par l'archevêché"= "diable dans le bénitier"

-Les romans qu'elle apporte sont le sujet de l'ironie de Flaubert:

-- "des chansons galantes du siècle passé", "Emma se graissa donc les mains à cette poussière": les chansons et les romans de la lingère sont considérés comme vieux.

-Le rythme et la syntaxe: "Ce n'était qu'amours, amants,... urnes":

--Accumulations (voir les juxtapositions syntaxiques): hyperbole.

-- Énumération hyperbolique introduite par la tournure restrictive "ne que": ironie.

-- Répétitions sonorités: amours (noter pluriel), amants, amantes + dames; serments, sanglots.

-- Répétitions structures syntaxiques: postillons qu'on tue/chevaux qu'on crève; "messieurs braves comme des lions, doux comme des agneaux, vertueux comme on ne l'est pas... et qui pleurent comme des urnes"

-- Déplacements lexicaux ironiques: "postillons qu'on tue à tous les relais, chevaux qu'on tue à toutes les pages": glissement de l'univers de la fiction à celui de la lecture qui est ici objet de l'ironie de Flaubert: il se moque de ces romans sentimentaux qui se caractérisent moins par la qualité de leurs aventures que par leur quantité.

 -Antithèse: "comme des lions/comme des agneaux"= irréel. Autre antithèse: brave et doux

 -Utilisation de poncifs: "forêts sombres", "rossignols dans les bosquets", "nacelles au clair de lune", "troubles du coeur"

      II/Idéal sentimental d'Emma

A) L'influence de la lingère

-Emma goût du passé-> imaginaire médiéval.

- Le goût de l'interdit ("en cachette")

-Les thèmes favoris d'Emma: amour, amants, chevaliers servants.

-Représentation topique du prince charmant: homme fort ("braves comme des lions") mais tendre et sensible "comme des agneaux" , "qui pleurent comme des urnes"+ vertueux. A cet assemblage chamarré de vertus, répond le cliché final du "cavalier à plume blanche qui galope sur un cheval noir"

-Cliché: tableau de la femme à la fenêtre avec le coude possé au bord. Emma pourra être comparée avec cette image lorsqu'elle sera dans sa chambre.

-Brave comme un  Lion, vertueux, doux. Assemblage de qualités qui renvoient à l'idéal. Parfait comme l'assemblage du blanc et du noir.

-L'identification à la châtelaine, introduite par le conditionnel (mode du souhait): "elle aurait voulu vivre dans quelque vieux manoir comme ces châtelaines au long corsage... passaient leurs jours, le coude sur la pierre et le menton dans la main, à regarder" (voir Barbe bleue: soeur Anne... et l'univers des roman gothiques. Réappropriation de l'imaginaire médiéval à l'époque romantique. Walter Scott, ivanohé, HUGONotre Dame de Paris.

B) La naissance du "bovarisme":

-Flaubert expose l'origine principale des malheurs à venir d'Emma: une vision déformée de la réalité, l'attente impossible d'un amour idéal et irréel, un sentimentalisme excessif, le goût de l'extraordinaire et son corollaire, le désir du luxe.

- L'éducation d'Emma est un grave malentendu avec la vie, elle ne l'a pas préparée à assumer sa vie d'épouse et de mère. Emma est restée une adolescente rêveuse et irresponsable.

 

 

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Mme Bovary de Flaubert La mort d'Emma

10 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Mme Bovary

Introduction:

Gustave Flaubert fût un écrivain français né en 1821 et mort en 1880. Il est un prosateur de premier plan de la deuxième moitié du XIX ème siècle et a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques et par la force de son style dans de grands romans comme Mme Bovary (1857) et L’Education sentimentale en 1869.

Mme Bovary est l’histoire  d’une jeune femme, Emma, qui, à cause de son esprit romantique, doit vivre la réalité en se réfugiant dans des lectures et des amants. L’extrait qu’on va commenter …

Problématique: Quelle représentation de la mort d'Emma Flaubert donne-t-il?

I/ Spectacle de l'agonie

A/ Différents points de vue

- L'agonie d'Emma est présentée sous trois regards: celui d'Emma, Charles et le narrateur.

- Emma offre une vision interne de l'agonie, Charles une vision externe et le narrateur une vision globale. Cet éventail de points de vue permettra une description minutieuse de l'agonie d'Emma. Le réalisme consiste souvent en une multiplication des points de vue.

-"j'étouffe!", "Enlève-le! dit-elle vivement; jette-le!", des phrases courtes et vives à travers des nombreuses exclamations caractérisent le discours d'Emma. Elle apporte une approche réelle de sa souffrance au lecteur: rien de mieux qu'écouter les lamentations du malade lui-même.

- "C'est extraordinaire! c'est singulier! répéta-t-il" , "Il se recula tout effrayé", "Il la questionna; elle ne répondit pas", les interventions de Charles expriment l'horrible état d'Emma. Il permet aussi une approche un peu plus médicale : "Charles observa qu'il y avait au fond de la cuvette une sorte de gravier blanc, attaché aux parois de la porcelaine".

- Le narrateur permet la focalisation des sens d'Emma: "Une saveur âcre", "elle entendait le battement de la pendule", "Elle s'épiait curieusement", "elle sentait un froid de glace".

B/ Le système énonciatif: le narrateur

a) Discours direct

- L'utilisation du discours direct permet le contact entre Emma et Charles , ce qui fait ressortir la souffrance d'Emma: "Il la questionna, elle ne répondit pas", "Enlève-le! dit-elle vivement; jette-le!". Emma exprime son irritation, qui est d'ailleurs double: un mari inutil, un poison douloureux.

- Mais il permet aussi, en dehors du dialogue, d'exprimer et mettre en relief la pensée d'Emma: "Ah! c'est bien peu de chose la mort!", le fait que le narrateur laisse la place à Emma pour exprimer ces pensées après avoir décrit ce qu'elle sent crée ce relief.

b) Discours indirect libre: Flaubert est dans Emma

-Le narrateur est externe, texte à la troisième personne "Elle"/"Il"/"lui", et a un point de vue interne, verbes de perception "elle entendait"/"pensait-elle".

- Le narrateur peut donc raconter les faits en prenant une certaine distance avec les personnages. Mais cette distance se dissipe lors de l'utilisation du discours indirect libre "Mais non! rien encore". On peut penser que le narrateur rentre vraiment dans Emma. Ceci crée un rapprochement qui fait plus sensible l'agonie d'Emma, on pourrait dire que le narrateur ressent lui-même sa souffrance. (("Je suis moi-même Mme Bovary" citation extraite des propos de Flaubert.))

C/ Des sens et des sensations continuellement évoquées

- Les sens et les sensations ont une place privilégiée dans cet extrait: 

=> Elles sont sujet des phrases: "Une saveur âcre qu'elle sentait", "Cet affreux goût d'encre continuait", "les vomissements reparurent".

=> Plusieurs contrastes significatifs

      --"Elle entendait le battement de la pendule, le bruit du feu, et Charles, debout près de sa couche, qui respirait": on note un lexique qui revient au vivant "battement", "feu", "respirait". Cette harmonie légère est en accord avec le fait qu'elle ne souffre pas, "Mais non! rien encore", d'où la réplique "Ah! c'est bien peu de chose, la mort!". Cet image faible de la mort heurte violentement avec la souffrance qu'elle ressent après: "j'étouffe!", "Elle fut prise d'une nausée si soudaine", "Elle se tenait immobile, de peur que la moindre émotion ne la fît vomir". Le lexique s'oppose "respirait"/"j'étouffe".

      --"Elle but une gorgée d'eau et se tourna vers la muraille" = l'eau donne au lecteur une sensation de fraîcheur, en plus l'action de boire de l'eau ne provoque aucune conséquence douloureuse inmédiate, "et se tourna vers la muraille" qui va dans ce sens de tranquilité, tranquilité qui est tout à coup opposée à "cet affreux goût d'encre continuait". Le goût d'encre est contrasté par rapport à la fraîcheur de l'eau.

II/ La représentation sale de la mort

A/ Le rythme du spectacle

-Le rythme du récit contribue fortement à la présentation d'une véritable agonie.

-Au début, le rythme du récit est doux: "Elle entrevit Charles et referma les yeux","Elle but une gorgée d'eau et se tourna vers la muraille", "J'ai soif!... oh! j'ai bien soif!" = rythme binaire, des accumulations "Elle entendait le battement de la pendule, le bruit du feu, et Charles, debout près de sa couche, qui respirait".

- Par contre lorsque la douleur se présente, le récit prend une allure heurtée et rapide, comme lorsqu'un malade veut éviter le plus vite possible la douleur.

- Évocation du temps: "si soudaine", "elle eut à peine le temps"

- Juxtaposition des phrases: "Enlève-le! dit-elle vivement; jette-le!", "Il la questionna; elle ne répondit pas", "Il lui passa la main sur l'estomac. Elle jeta un cri aigu. Il recula tout effrayé"

-Ellipse pour focaliser l'agonie: "À huit heures, les vomissements reparurent"

B/ Aucune idéalisation de la mort

-Écriture sèche avec aucun embellisement ou dramatisation.

-Paroles d'Emma limites au nécessaire: "J'ai soif", "jette-le!",...

- Pas de réflexion de regret de la vie

- Corps couché à l'écoute du travail de sa destruction.

- Absence du lyrisme, la mort telle qu'elle est.

-Style plus sec: propositions juxtaposées et coordonnées qui au contraire que les propositions subordonnées (avec plus de verbes) offrent une vision moins embellie.

-L'auteur réaliste doit photographier la scène.

-Mots indéterminés: "C'est peu de chose, la mort", "tout sera fini". Flaubert s'oppose au lyrisme, il s'interdit tout imaginaire.

C/ Étouffement du romantisme, le triomphe du réalisme

- La mort prend son temps à venir et provoque des nombreuses douleurs: ce n'est pas une mort rapide et nette qu'est celle qu'attend Emma.

-Emma va être constamment contredite par les faits.

- "je vais m'endormir, et tout sera fini" allusion explicite au romantisme qui est directement niée car "cet afreux goût d'encre continuait"

- De même, "elle sentait un froid de glace qui lui montait des pieds jusqu'au coeur. -Ah! voilà que ça commence!"= Emma croit qu'elle va déjà commencer la mort qu'elle s'attendait depuis le début mais elle est autrefois rejetée: "Elle roulait sa tète avec un geste doux plein d'angoisse, et tout en ouvrant continuellement les mâchoires, comme si elle eût porté sur sa langue quelque chose de très lourd." = on a l'impression qu'elle soit vraiment dans une agonie extrême, qu'elle ne peut même pas supporter. La continuité du mouvement et le souci du détail crée un effet de réalisme et d'exactitude dans la description.

-De plus, l'ellipse "À huit heures, les vomissements reparurent" exprime le fait qu'elle est encore vivante et agonissant. Le romantisme s'avère complètement inadapté à la réalité.

- La description du vomissement est très détaillée, et sans aucun embellisement, c'est la réalité, et la réalité n'est pas toujours belle.

III/ L'impuissance des personnages: des anti-héros

A/ Emma: emprise du poison

- Elle est complètement passive et attachée au lit. Elle se crée une sollitude elle-même, elle rejette Charles.

- Elle ne peut rien faire pour éviter la mort.

B/ Charles: 

- Il ne fait que des questions: "qu'as-tu donc?","Que dis-tu?", "Il la questionna" Il n'agit pas, se limite à tenir un verre.

-Il est un mari maladroit: il ne comprend pas qu'Emma veut qu'il lui enlève le mouchoir.

- Il est un médecin médiocre: "C'est extraordinaire! c'est singulier!"= ces propositions ne sont pas adéquates à la situation et ne s'adapten pas au jargon d'un médecin.


 

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Mme Bovary de Flaubert Lettre de Rodolphe

9 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Mme Bovary

 

INTRODUCTION: 

Gustave Flaubert fût un écrivain français né en 1821 et mort en 1880. Il est un prosateur de premier plan de la deuxième moitié du XIX ème siècle et a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques et par la force de son style dans de grands romans comme Mme Bovary (1857) et L’éducation sentimentale en 1869.

Mme Bovary est l'histoire d'une jeune femme, Emma, qui, à cause de son esprit romantique et son penchant au luxe, doit vivre la réalité en se réfugiant dans des lectures et des amants. L'extrait qu'on va commenter...

Questions possibles en oral:

-Comment Flaubert ridiculise-t-il le romantisme?

-Comment Flaubert à travers un portrait fait une double critique, celle d'un personnage, Rodolphe, et celle d'une esthétique?

-Étudier l'ironie dans ce texte

-Quel portrait Flaubert brosse-t-il de Rodolphe dans cet extrait?

-Quel est le registre de ce texte.

I/ La rhétorique de la persuasion de Rodolphe

- Rodolphe va déployer tout un discours rhétorique pour persuader Emma de la nécessité de la séparation

-Procédés au service de Rodolphe:

-"croyez-le bien"= intention de persuader de Rodolphe

-Apostrophes. "Emma", "pauvre ange"

-Injonctions: "Oubliez-moi!'', ''Soyez toujours bonne!"

-Périphrases: "adorables femmes"

-Style: syntaxe heurtée = alternance phrases longues, phrases courte, interrogations et exclamations.

-Aphorismes: vérités générales : "le monde est cruel", "malheureux que nous sommes"

- Emphase et lyrisme

 =>Exagérations: l’abîme où je vous entraînaisMoi qui voudrais vous faire aseoir sur un trône !,...qui emporte votre pensée: aboutissent désormais dans le propos de Rodolphe à un rejet de tout idéalisme : insensés !, Pourquoi étiez-vous si belle ?

=>Accumulations: "les questions indiscrètes, la calomnie, le dédain, l'outrage"

=>Métaphores: "je me reposais à l'ombre de ce bonheur idéal"

=>Gradations: "Avez-vous mûrement pesé votre détermination? Savez-vous l'abîme où je vous entraînais, pauvre ange?"

=>Anaphores: "Pourquoi... Pourquoi...", "moi qui... moi qui..."

=>Interrogations rhétoriques:n'est-ce pas?, est-ce ma faute?Selon Rodolphe, le regret de la séparation ne serait rien comparé aux tourments de l'adultère.

·         voir le réseau lexical du "malheur" : atroce douleurchagrins.

·         le thème de la faute, de la réprobation morale : calomniedédain outrage.

·         les comparaisons grotesques, parodies de Paul et Virginie : l’exotique manceniller, arbre trompeur dont l’ombre ne laisse pas deviner le feuillage vénéneux.

-appel à la postérité Apprenez mon nom à votre enfant, qu'il le redise dans ses prières = prosopopée

-Utilisation d'images fortes: "L'idée seule des chagrins qui vous arrivent me torture", "Je me punis par l'exil "

-La souffrance:

=> Celle d'Emma : "Je ne veux pas faire le malheur de votre existence", "l'abîme où je vous entraînais", "des chagrins qui vous arrivent", "qui fait à la fois votre charme et votre tourmant", "L'outrage à vous", "tout le mal que je vous ai fait"

=> Celle de Rodolphe: "malheureux que nous sommes", "l'atroce douleur de vos remords", "L'idée sele de vos chagrins qui vous arrivent me torture", "Est-ce ma faute?", "Moi non plus, je n'y avais pas réfléchi d'abord, et je me reposais à l'ombre de ce bonheur idéal, comme à celle du mancenillier, sans prévoir les conséquences.", "Je me punis par l'exil de tout le mal que je vous ai fait."

La souffrance de Rodolphe est constamment parallèle à la souffrance d'Emma. Ce parallélisme permet à Rodolphe d'accentuer sa souffrance: elle est toujours plus profonde. De plus, la souffrance d'Emma que Rodolphe exprime est souvent hypothétique voire irréelle: "la fausseté de notre poosition future", "Il nous serait venu des lassitudes", emploi du conditionnel. "partout où nous eussions été", "Il vous aurait fallu", "Ah! si vous eussiez été", on est dans la persuasion

II/ Le dispositif énonciatif

-Plusieurs niveaux d'énonciation:

=>Voix narrateur: Ironique, "ce qu'il jugeait d'un bon goût" (antiphrase), "Elle lui parut bonne"

=>Monologue Rodolphe: style direct, italiques --> distance entre ce qu'il y a écrit et l'auteur.

=>Rodolphe à Emma: lettre, communication différée. ("Je serais loin que vous lirez ces lettres") Lettre dans le roman= démultiplication des points de vue => mise en abyme de l'acte d'écrire

-Mise en évidence de l'hypocrisie de Rodolphe avec le contre-point du prosaïsme de son discours et du lyrisme de la lettre. "femme pareille" ="adorable femme"

-La flamme des bougies renvoit à la passion entre les deux

Le monologue de Rodolphe montre le cynisme

-La voix du narrateur ironise la scène.

III/ La portée esthétique de ce texte

-Discours de Rodolphe pétri du lyrisme du romantisme

-Vision idéal et romantique de l'amour: presque caricature

-Romantisme:

=>Au niveau du style. toute ponctuatuion qui est du registre lyrique

-Champs lexicaux: religion (à Dieu), du surnaturel ("talisman"), royauté ("trône")

-Romantique= celui qui souffre "je me punis par l'exile" (topos de la souffrance)

-Rodolphe fait une parodie: amas de clichets. C'est l'occasion de Flaubert, avec une mise en abyme, de dénoncer le romantisme mauvais (romans de gare). 

  Complaisance et auto-satisfaction du rédacteur : "je suis honnête", "Oui, c’est cela."

·         La recherche des idées "– Comment vais-je signer... ?" - confirme l’absence d’imagination du personnage, et le caractère pré-fabriqué de la lettre : "si je lui disais...", "Ah! non...", "Voilà un mot qui fait toujours de l’effet."

·         Le regard du narrateur se superpose au discours satisfait de Rodolphe, comme s’il était penché sur l’épaule du personnage: "Rodolphe s’arrêta pour trouver ici quelque bonne excuse et il y avait un dernier adieu, séparé en deux mots : A Dieu ! ce qu’il jugeait d’un excellent goût"

CONCLUSION: 

Étape décisive du roman qui poussera Emma à de nouveaux dérèglements, qui annonce la clôture de la seconde partie.

·         Condamnation du personnage de Rodolphe, qui ne peut échapper à la médiocrité provinciale de ses concitoyens (son attitude dans la Troisième partie confirme sa responsabilité dans la mort d'Emma).

·         Une observation minutieuse de la naissance de l'écrit, un exemple du fonctionnement de l’écrit dans l'univers fictif d'un roman.

 

Ouverture: 

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