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Le blog de Toni

Mme Bovary de Flaubert Lettre de Rodolphe

9 Avril 2010 , Rédigé par leblogdetoni.over-blog.com Publié dans #Mme Bovary

 

INTRODUCTION: 

Gustave Flaubert fût un écrivain français né en 1821 et mort en 1880. Il est un prosateur de premier plan de la deuxième moitié du XIX ème siècle et a marqué la littérature française par la profondeur de ses analyses psychologiques et par la force de son style dans de grands romans comme Mme Bovary (1857) et L’éducation sentimentale en 1869.

Mme Bovary est l'histoire d'une jeune femme, Emma, qui, à cause de son esprit romantique et son penchant au luxe, doit vivre la réalité en se réfugiant dans des lectures et des amants. L'extrait qu'on va commenter...

Questions possibles en oral:

-Comment Flaubert ridiculise-t-il le romantisme?

-Comment Flaubert à travers un portrait fait une double critique, celle d'un personnage, Rodolphe, et celle d'une esthétique?

-Étudier l'ironie dans ce texte

-Quel portrait Flaubert brosse-t-il de Rodolphe dans cet extrait?

-Quel est le registre de ce texte.

I/ La rhétorique de la persuasion de Rodolphe

- Rodolphe va déployer tout un discours rhétorique pour persuader Emma de la nécessité de la séparation

-Procédés au service de Rodolphe:

-"croyez-le bien"= intention de persuader de Rodolphe

-Apostrophes. "Emma", "pauvre ange"

-Injonctions: "Oubliez-moi!'', ''Soyez toujours bonne!"

-Périphrases: "adorables femmes"

-Style: syntaxe heurtée = alternance phrases longues, phrases courte, interrogations et exclamations.

-Aphorismes: vérités générales : "le monde est cruel", "malheureux que nous sommes"

- Emphase et lyrisme

 =>Exagérations: l’abîme où je vous entraînaisMoi qui voudrais vous faire aseoir sur un trône !,...qui emporte votre pensée: aboutissent désormais dans le propos de Rodolphe à un rejet de tout idéalisme : insensés !, Pourquoi étiez-vous si belle ?

=>Accumulations: "les questions indiscrètes, la calomnie, le dédain, l'outrage"

=>Métaphores: "je me reposais à l'ombre de ce bonheur idéal"

=>Gradations: "Avez-vous mûrement pesé votre détermination? Savez-vous l'abîme où je vous entraînais, pauvre ange?"

=>Anaphores: "Pourquoi... Pourquoi...", "moi qui... moi qui..."

=>Interrogations rhétoriques:n'est-ce pas?, est-ce ma faute?Selon Rodolphe, le regret de la séparation ne serait rien comparé aux tourments de l'adultère.

·         voir le réseau lexical du "malheur" : atroce douleurchagrins.

·         le thème de la faute, de la réprobation morale : calomniedédain outrage.

·         les comparaisons grotesques, parodies de Paul et Virginie : l’exotique manceniller, arbre trompeur dont l’ombre ne laisse pas deviner le feuillage vénéneux.

-appel à la postérité Apprenez mon nom à votre enfant, qu'il le redise dans ses prières = prosopopée

-Utilisation d'images fortes: "L'idée seule des chagrins qui vous arrivent me torture", "Je me punis par l'exil "

-La souffrance:

=> Celle d'Emma : "Je ne veux pas faire le malheur de votre existence", "l'abîme où je vous entraînais", "des chagrins qui vous arrivent", "qui fait à la fois votre charme et votre tourmant", "L'outrage à vous", "tout le mal que je vous ai fait"

=> Celle de Rodolphe: "malheureux que nous sommes", "l'atroce douleur de vos remords", "L'idée sele de vos chagrins qui vous arrivent me torture", "Est-ce ma faute?", "Moi non plus, je n'y avais pas réfléchi d'abord, et je me reposais à l'ombre de ce bonheur idéal, comme à celle du mancenillier, sans prévoir les conséquences.", "Je me punis par l'exil de tout le mal que je vous ai fait."

La souffrance de Rodolphe est constamment parallèle à la souffrance d'Emma. Ce parallélisme permet à Rodolphe d'accentuer sa souffrance: elle est toujours plus profonde. De plus, la souffrance d'Emma que Rodolphe exprime est souvent hypothétique voire irréelle: "la fausseté de notre poosition future", "Il nous serait venu des lassitudes", emploi du conditionnel. "partout où nous eussions été", "Il vous aurait fallu", "Ah! si vous eussiez été", on est dans la persuasion

II/ Le dispositif énonciatif

-Plusieurs niveaux d'énonciation:

=>Voix narrateur: Ironique, "ce qu'il jugeait d'un bon goût" (antiphrase), "Elle lui parut bonne"

=>Monologue Rodolphe: style direct, italiques --> distance entre ce qu'il y a écrit et l'auteur.

=>Rodolphe à Emma: lettre, communication différée. ("Je serais loin que vous lirez ces lettres") Lettre dans le roman= démultiplication des points de vue => mise en abyme de l'acte d'écrire

-Mise en évidence de l'hypocrisie de Rodolphe avec le contre-point du prosaïsme de son discours et du lyrisme de la lettre. "femme pareille" ="adorable femme"

-La flamme des bougies renvoit à la passion entre les deux

Le monologue de Rodolphe montre le cynisme

-La voix du narrateur ironise la scène.

III/ La portée esthétique de ce texte

-Discours de Rodolphe pétri du lyrisme du romantisme

-Vision idéal et romantique de l'amour: presque caricature

-Romantisme:

=>Au niveau du style. toute ponctuatuion qui est du registre lyrique

-Champs lexicaux: religion (à Dieu), du surnaturel ("talisman"), royauté ("trône")

-Romantique= celui qui souffre "je me punis par l'exile" (topos de la souffrance)

-Rodolphe fait une parodie: amas de clichets. C'est l'occasion de Flaubert, avec une mise en abyme, de dénoncer le romantisme mauvais (romans de gare). 

  Complaisance et auto-satisfaction du rédacteur : "je suis honnête", "Oui, c’est cela."

·         La recherche des idées "– Comment vais-je signer... ?" - confirme l’absence d’imagination du personnage, et le caractère pré-fabriqué de la lettre : "si je lui disais...", "Ah! non...", "Voilà un mot qui fait toujours de l’effet."

·         Le regard du narrateur se superpose au discours satisfait de Rodolphe, comme s’il était penché sur l’épaule du personnage: "Rodolphe s’arrêta pour trouver ici quelque bonne excuse et il y avait un dernier adieu, séparé en deux mots : A Dieu ! ce qu’il jugeait d’un excellent goût"

CONCLUSION: 

Étape décisive du roman qui poussera Emma à de nouveaux dérèglements, qui annonce la clôture de la seconde partie.

·         Condamnation du personnage de Rodolphe, qui ne peut échapper à la médiocrité provinciale de ses concitoyens (son attitude dans la Troisième partie confirme sa responsabilité dans la mort d'Emma).

·         Une observation minutieuse de la naissance de l'écrit, un exemple du fonctionnement de l’écrit dans l'univers fictif d'un roman.

 

Ouverture: 

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