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Le blog de Toni

La princesse de Clèves, Madame de la Fayette

21 Mai 2010 , Rédigé par Toni Publié dans #Corpus de textes

Introduction: Madame de la Fayette écrit La princesse de Clèves en pleine période du classicisme et publie le roman en 1678. Cette oeuvre est considérée le premier roman moderne de la littérature française par ses analyses psychologiques. Le roman s'ouvre sur le tableau de la Cour de France sous le règne d'Henry II et narre le destin de la princesse de Clèves qui rennonce à son amour pour un autre homme. L'extrait qu'on va commenter est la scène de première rencontre entre Mme de Clèves et le duc de Nemours qui a lieu à l'occasion d'un bal donné en l'honneur des fiançailles de Claude de France et du Duc de Lorraine.

 

Problématique:

-Quelles sont les spécificités de cette rencontre?

-En quoi cette scène de rencontre est spécifique au classique?

-Quelle image de la société Mme de La Fayette dévoile-t-elle en cette scène?

-En quoi la rencontre exceptionnelle entre M de Nemours et la princesse apparaìt d'ors et déjà placée sous le signe de la fatalité et le tragique?

-En quoi cette scène de rencontre classique évoque un coup de foudre qui annonce d'emblée la destinée tragique des personnages (+ vision de la société)?

 

I/ Le topos de la rencontre amoureuse: développement classique.

  A) Le cadre de la rencontre: exceptionnel et merveilleux

 -"à la cour", "fiançailles", "au Louvre": cadre de la noblesse.

 -"le soir au bal", "au festin royal": lieu de fète et de danse.

 - Les personnages sont de la noblesse: "roi", "reines", "dauphine", "prince", "la cour". On se trouve donc dans un cadre exceptionnel et distingué.

 - Mise en scène caractéristique du classicisme, tout semble parfait: "beauté", "air brillant", "louanges" = Cadre somptueux.

  B) Les personnages principaux: seuls d'exception.

- Hyperboles et superlatifs sur le plan de la beauté et de la parure: "ce qu'il y avait de mieux fait et de plus agréable à la cour" l.1/2, "Ce prince était fait d'une sorte qu'il était difficil de n'être pas surprise" l.12/13 et lignes 14,15 pour Mme de Clèves. Les personnages sont donc des êtres parfaits=> distance avec la cour

- Mis en valeur par leur cadre: le regard de la cour. Champ lexical du voir: "l'on admira" l.5, "les voir"l. 19

- La cour devient spectateur de la rencontre: elle ne fait qu' "admirer"l.5, "il s'éleva un murmure de louanges" l.18. Les verbes d'action ont uniquement comme sujet M. de Nemours, la dauphine ou Mme de Clèves.

- La cour se limite à observer et laisser faire: " à qui on faisait place". Les deux personnages principaux sont donc isolés du reste de personnages, l'attention est focalisée sur eux.

   C) Une rencontre menée par le regard

- Mise en place d'un parallélisme entre M. de Nemours et Mme de Clèves:  (classicisme)

  ->Les deux se parent avant le bal. Champ lexical de la beauté et de la parure: "se parer", "sa beauté", "sa parure", "l'air brillant". Ils sont reliés dès le début par les soins qu'ils prennent pour aller au bal.

  -> Parallèlisme syntactique: "il était difficil de n'être pas surprise de le voir", pour M. de Nemours, et "il était difficile aussi de voir Mme de Clèves (...) sans avoir un grand étonnement".

Les deux personnages sont rassemblés par leur rang de beauté. (parallélisme syntactique et structural)

- Mme de la Fayette structure cet extrait en deux paragraphes: le premier l.1/15 expose le cadre ainsi que la rencontre physique, qui se mène d'abord par l'ouïe puis par le regard. Le deuxième paragraphe présente leur rencontre par la parole. Les pronoms "il" et "elle" sont regroupés en "ils" dans ce deuxième paragraphe, ce qui est représentatif de leur union.

-Une rencontre particulière:

  ->L'importance des gestes, du corps: "des marques de son admiration", "paraissait un peu embarassée", Mme de la Fayette prône le dialogue corporel comme voie de transmission des sentiments

- L'idée que le corps trahit l'âme: "il ne peut s'empêcher" et Mme de Clèves essaye d'éviter que M. de Nemours sache qu'elle le connaît mais son embarrassement la trahi. (impression de sentiments qui la surmontent).

II/ Une passion fatale

A)Mme de Clèves, un esprit guidé

On sent que Mme de Clèves est poussée:

-C'est le fait que Mme la dauphine lui aie "dépeint (...) tant de fois" et qu'elle aie "ouï parler de ce prince à tout le monde" qui déclenche la passion. Elle n'est donc pas d'origine interne et personnelle mais la conséquence d'un facteur externe.

- Les pronoms désignant Mme de Clèves et M de Nemours subissent l'action dont le sujet est "le roi" ou "la reine". "Le roi lui cria de prendre celui qui arrivait", "Ils les appelèrent  quand ils eurent fini sans  leur donner le loisir de parler à personne", "La reine les interrompit pour faire continuer le bal". Ils sont donc manipulés par le roi, la reine. Le mouvement de rapprochement entre eux deux devient inévitable et dirigé.

- Propositions subordonnées de conséquence (en cascade) = provoque la création par syntaxe d'un rapport de cause à effet entre la rencontre et la passion amoureuse. Effet d'enchaînement, de machine qui se met en marche et qu'on ne peut plus arrêter. L'amour semble inévitable. (citation d'Antigone d'Anouilh:  On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien, un regard pendant une seconde à une fille (...) C’est tout. Après, on n’a plus qu’à laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. C’est minutieux, bien huilé depuis toujours)

B)Un dialogue qui annonce le futur du couple

- Dialogue passif ente les deux personnages : ils ne s'addressent pas direxctement la parole.

Effet anticlimax, frontière entre les deux amoureux due à la dauphine mais aussi à la cour qui les regarde car "la reine les interrompit pour faire continuer le bal"

-" De tout le soir, il ne put admirer que Mme de Clèves" -> Le verbe à la forme négative évoque l'impossibilité de M de Nemours de se séparer de Mme de Clèves. Il est emporté par sa passion amoureuse, (passion= anciennement a souffrance, mal ,douleur).

III/ Vision de la société de l'époque

A) Société régie par les apparences

- Champ lexical de la vue. "voir","vu", "yeux", "admirer", "vit". La vue est privilégiée. Le verbe voir est employé 8 fois.

-Champ lexical de la beauté et de la parure: C'est donc l'apparence qui révèle les privilèges. Cette société est fondée sur le regard, la beauté, et l'aspect, ce sont les valeurs principales de cette société.

-Les hommes comme les femmes se parent, se maquillent et portent des bijoux.

B) Une société fondée sur le divertissement

-Le bal est l'occasion pour la cour de se divertir, de commenter, de critiquer, de s'entretenir, ...:

  -"Il se fit un assez grand bruit": ragot

  -"Il s'éleva dans la salle un murmure de louanges",

  - "Le roi et les reines (...) trouvèrent quelque chose de singulier de les voir danser ensemble sans se connaìtre"

  -"Le roi lui cria de prendre celui qui arrivait"

CONCLUSION:

 

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*** 15/03/2014 12:20

C'est vraiment clair et précis, je tiens a vous remercier : )
J'espère que votre blog me sera très utile ...

albu 12/06/2012 18:55

je vous remercie pour votre aide , grace à vous j'ai pu compléter mon texte pour l'oral !!
Merci

? 07/01/2012 18:16

Merci beaucoup je devais rédiger une écriture d'invention reprenant le topos de la rencontre amoureuse à notre époque lors d'un bal et l'on avait étudié ce passage pour l'oral en classe mais la
partie un de ton plan détaillé ma beaucoup aidé .

ryu 27/12/2011 16:29

Par contre, je trouve ton III beaucoup trop court. Je pense qu'il ne vaut mieux pas le mettre dans un commentaire, car je doute que nous puissions le développer suffisamment (ce n'est que mon avis
personnel)

ryu 27/12/2011 15:41

Je viens juste de finir mon commentaire sur cet extrait de "La Princesse de Clèves", et ton propre commentaire va me permettre de rajouter quelques éléments au mien. Il est précis et bien
construit. Un grand merci pour cet aide précieuse