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Le blog de Toni

Dom Juan acte IV, scène 3 de Molière

11 Juillet 2012 , Rédigé par Toni Publié dans #Dom Juan

DOM JUAN – 3

Acte IV, scène 3 du début à  « … que je ne fisse pour votre service»

INTRODUCTION

situer le passage: Cet extrait de Dom Juan, comédie de Molière de 1665, est un passage d’une scène comique qui se situe au début du 4ème acte, entre deux moments beaucoup plus graves de la pièce. Dom Juan, le noble séducteur débauché, a emprunté de l’argent à un bourgeois, M. Dimanche. Ce dernier vient le lui réclamer, mais Dom Juan use de tous les artifices possibles pour éviter d’aborder cette délicate question.

présenter Molière: Molière (1622-1673), de son vrai nom Jean-Baptiste Poquelin, était à la fois, comédien, chef de troupe et auteur. Ses comédies font rire en peignant les travers et les vices de la société. Il s’attira l’hostilité de ceux qu’il critiquait, mais son succès lui valut d’être protégé par le Roi. Il a renouvelé le genre de la comédie.

Lecture

Problématique Quels sont les ressorts de cette scène comique et que nous apprend-elle sur Dom Juan ?

annonce du plan :          

1. Le comique

2. La critique sociale

3. Jeu cruel

I. Comique de situation

A. Le comique de situation:

On observe une inversion des rôles entre Dom Juan et M. Dimanche : le débiteur (DJ) est à l’aise tandis que le créancier est gêné et se trouve dans l’incapacité de réclamer son dû.

Amabilité  excessive de Dom Juan :

il réprimande ses valets : « que je veux du mal à mes gens de ne vous pas faire entrer d’abord »(l.3)

il ordonne un siège pour M. Dimanche : « je veux que vous soyez assis contre moi » (l.17)

Il lui demande de ses nouvelles et de celles de sa famille.

Il l’invite à dîner : « voulez-vous souper avec moi ? »(l.72)

Il veut le faire reconduire comme un personnage d’importance ou propose de le reconduire lui-même et l’embrasse.

M. Dimanche est obligé de le remercier : « C’est trop d’honneur » (l.48) – « vous avez trop de bonté pour moi »(l.68) – « nous vous sommes, Monsieur, infiniment obligés ».

B. Comique de gestes :

-gestes exagérés de civilités

- installation et désinstallation du siège par les valets

C. Comique de langage

- On compte 19 répétitions des interruptions qui empêchent M. Dimanche de dire ce qu’il a à dire.

-  On observe une gradation comique dans la demande des nouvelles de la famille de M. Dimanche : M. Dàsa femmeàsa filleàson filsàson chien

- Dom Juan a le culot de parler de sa dette lui-même ; on dirait qu’il s’en vante : « Je suis votre débiteur…je le dis à tout le monde »(l.82) 

- emploi des hyperboles : « meilleur de mes amis » (l.13) – « santé admirable…lèvres fraîches… teint vermeil »(l.36) – « je l’aime de tout mon cœur »(l.46) – « je suis à vous de tout mon cœur »(l.65).

- emploi d’un terme à double entente : « intérêt » (l. 69) : Dom Juan le paie de mots et non d’argent.  Il l’utilise ironiquement dans : « j’y prends beaucoup d’intérêt » (l.59) et surtout dans « Et sans intérêt… » (l. 69) !

II. La critique sociale

A. Caractères stéréotypés

M. Dimanche est un bourgeois riche qui prête naïvement de l’argent à un noble. Malgré qu’il soit le créancier, il se trouve dans une situation d’infériorité ; il rappelle Le Bourgeois Gentilhomme. Il est obligé d’obéir à Dom Juan pour pouvoir poursuivre son but (l.29)

Dom Juan est un noble dominateur car très imbu de sa classe sociale. Il sait que M. Dimanche n’osera pas l’interrompre. Il est beau parleur et n’hésite pas à flatter exagérément : « vite un flambeau… que quatre à cinq de mes gens prennent des mousquetons pour l’escorter ». 

B. Situation classique.

Contraste entre deux classes sociales (noblesse/bourgeoisie) où le plus fort se moque du plus faible. Critique de la noblesse qui méprise ce qui a rapport à l’argent même lorsqu’elle profite de celui des autres.

III. Jeu cruel

Caractère de Dom Juan

Il apparaît immoral et moqueur. Son soi-disant intérêt pour M. Dimanche est évidemment hypocrite. Cependant il est si habile que les rieurs sont de son côté ne serait-ce que parce que cela semble moins grave de duper un créancier que de tromper les femmes. Le public se moque volontiers de la naïveté de M . Dimanche.

Cette scène évoque le jeu du chat et de la souris : le chat torture la souris en lui laissant de l’espoir de temps en temps, il l’attrape, la lâche, la reprend. Les flatteries de Dom Juan et surtout son allusion à sa dette laissent croire à M. Dimanche qu’il aura peut-être gain de cause, alors que Dom Juan n’a nulle intention de lui donner quoi que ce soit.

Cette scène éclaire une fois de plus l’habileté et la cruauté de Dom juan.

 

CONCLUSION : Cette scène décidément comique apporte un moment de détente dans cette pièce très originale de Molière où s’alternent des moments tragiques (la situation de Done Elvire) ou baroques (l’apparition de la statue et la fin du héros). Elle éclaire le caractère cruel de Dom Juan qui se moque d’un bourgeois naïf mais nous laisse pleins d’admiration pour son habileté. De cette manière, le personnage de Dom Juan acquiert une plus grande profondeur.

 

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Om 12/02/2016 09:43

Avez vous fais la scéne 4 de l'acte 4 ?